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Belles histoires

Émilie Cudon, infirmière à l’écoute des bébés… et de leurs parents

À 38 ans, Émilie Cudon a fait du chemin en tant qu’infirmière. Après plusieurs expériences à l’hôpital, elle travaille aujourd’hui dans un service de néonatalogie qui accueille les enfants prématurés, grands prématurés ou porteurs d’une pathologie. Un métier qu’elle exerce avec empathie.

MedZine : En quoi consiste votre métier ?
Emilie Cudon : Mes missions sont extrêmement variées, aucune journée ne ressemble à la précédente ! Mon métier est le fruit d’un équilibre entre soins techniques et relationnels. Je m’occupe des nouveau-nés, mais aussi de leurs parents, avec lesquels j’essaie de toujours faire preuve de bienveillance.
Lors de ma première expérience en tant qu’infirmière aux urgences, j’ai réalisé que la qualité de l’accueil du patient était primordiale. Selon la manière de recevoir le patient, la prise en charge peut être véritablement facilitée. Il faut toujours prendre quelques minutes pour faire preuve d’une écoute attentive, recevoir la douleur et les angoisses, donner le choix… Il faut croire au pouvoir des mots, qui permettent de tisser une relation de confiance et d’établir une alliance thérapeutique avec nos patients. En néonatalogie, c’est primordial d’aider les parents à gagner en confiance et prendre leur place aux côtés de leur nourrisson. Pour ma part, je travaille beaucoup sur les liens d’attachement et sur la manière dont la présence parentale influe sur l’état de l’enfant. Quand les parents passent du temps avec leur bébé, qu’ils le prennent contre eux, qu’on leur donne la possibilité de lui faire des soins, l’état de santé de l’enfant s’améliore de manière considérable !

M : Y-a-t-il des moments difficiles ?
E.C : Dans ce métier, on n’a pas le droit à l’erreur. Il faut avoir l’œil sur tout : la couleur de la peau du nourrisson, sa respiration, sa posture…Il faut toujours se tenir prêt et à l’écoute pour faire face aux situations inattendues. Heureusement, la médecine – et la périnatalité en particulier – ont fait d’immenses progrès. Les histoires des nourrissons se finissent donc souvent bien. Malheureusement, il y a parfois des exceptions. Quand cela arrive, on est obligé de mettre en place certains mécanismes de défense pour faire face à ces situations tragiques et avancer, mais une fois à la maison, il m’arrive parfois de pleurer. Il faut se l’autoriser. Cela permet de souffler un bon coup, d’aller de l’avant pour pouvoir continuer à s’occuper des autres !
Nous avons aussi parfois affaire à de jeunes mamans qui se trouvent dans des situations très délicates : isolées, avec peu de ressources et parfois pas de famille en France pour les épauler et les réconforter. Cela peut être compliqué à gérer, mais être là pour ces personnes donne d’autant plus de sens à notre métier.

M : Pour les jeunes générations qui se lancent dans votre métier, quels conseils pourriez-vous donner ?
E.C : Il faut que ce soit une vocation. Faire ce métier sans passion, ce n’est pas faisable à long terme. Il faut être attentif aux autres. C’est un métier de « sacrifice » : cela implique de travailler les week-ends, le soir, d’avoir une vie sociale réduite, d’accepter la prise de risque, la pression et surtout, de ne jamais banaliser ses actes. Il est primordial de prendre conscience de son pouvoir en tant que soignant : il faut toujours veiller à ce que le patient ne soit pas mis dans des situations qui le déshumanisent.
Sourire, mettre en confiance, demander la permission avant d’effectuer les gestes, trouver le moyen d’enrichir le soin. C’est essentiel pour les soignants que nous sommes.

Pour plus d’informations : Hôpital privé de la Seine Saint-Denis, 93150 Le Blanc-Mesnil

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