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Belles histoires Enjeux de santé

Pandémie et renfort de soignants : l’expérience de Catherine

La solidarité, l’entraide, la reconnaissance… Des valeurs qui s’incarnent chaque jour davantage en cette période de pandémie. Illustration de ce phénomène : les transferts de soignants entre établissements de santé. Catherine, nous raconte son expérience au sein d’un service Covid+.

Pour faire face à l’afflux de patients, les établissements de santé se sont organisés afin de répartir au mieux les soignants dans les différents services de réanimation de l’Hexagone. Catherine Barbié de Préaudeau, cadre soignante en ambulatoire et consultations à la clinique Jouvenet (Paris, Ile-de-France), a elle aussi prêté main forte au sein de l’hôpital privé des Peupliers.

De Jouvenet aux Peupliers : une seule équipe

Le 29 mars dernier, décision a été prise de fermer temporairement les portes de la clinique Jouvenet (Paris 16e, Ile-de-France). « Notre clinique n’a pas de service de réanimation... Nous avons donc délesté du matériel aux autres établissements du groupe et les équipes ont été réparties à la clinique des Peupliers (Paris, 13e), à la clinique Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), ainsi que dans d’autres établissements du groupe en Ile-de-France », explique cette cadre infirmière.

Une situation qui a permis de renforcer rapidement les équipes face à la première vague de patients atteints du Covid-19. « L’organisation s’est faite assez vite et j’ai été transférée avec plusieurs collègues aux Peupliers. Je n’ai pas hésité à bouleverser mon quotidien de cadre et le rythme de travail afférent. Je suis (re)devenue soignante, au sein d’une équipe soudée, main dans la main avec le personnel déjà sur place », raconte Catherine.

Ce changement d’établissement, une ambiance anxiogène liée à la pandémie et ces toutes nouvelles missions auraient pu être extrêmement déstabilisants. Toutefois, grâce à un accueil chaleureux et une solidarité à toute épreuve, les soignants ont réussi la « greffe ». « J’ai été ravie de pouvoir faire la connaissance de ces collègues. Tout le monde a été très amical et nous recevions chaque jour de nombreuses attentions de l’extérieur : des plats préparés, des masques confectionnés maison… sans compter les applaudissements de 20h ! C’était extraordinaire », décrit la cadre soignante.

Des conditions exceptionnelles et un souvenir ému

Un environnement positif utile pour surmonter la vague des premiers patients Covid+. « Cela a été très brutal, confie Catherine. Les patients que nous recevions étaient plutôt âgés, affaiblis et cette maladie étant si contagieuse… Nous avons fait front ». Ce premier épisode de contamination passé, les équipes restent sur le qui-vive, dans l’éventualité d’une deuxième vague.

À la clinique Jouvenet, Catherine est responsable des équipes. Ses missions consistent à gérer le flux de patients ambulatoires, manager les équipes, organiser les consultations de soins… et ce transfert aux Peupliers a profondément changé son quotidien : « En service Covid, nous sommes enfermés pendant près de 12h en continu. Les manipulations à effectuer sont principalement des soins sur les patients. J’ai aussi été affectée sur d’autres missions comme la réalisation des tests PCR[1], l’accueil en check-point (urgences) et dans les services ambulatoires ».

Beaucoup de missions nouvelles, lesquelles, associées à ces conditions particulières, l’afflux important de patients et de fastidieuses mesures barrières à mettre en place, ont été un vrai challenge pour cette cadre d’expérience, mais toujours avec le même objectif : « Avancer. Sans état d’âme… Nous faisions au mieux pour remplir nos missions et nous avons aussi créé un groupe de discussion pour échanger sur nos différentes expériences, nous encourager, nous réconforter… ».

Car au-delà du transfert et de l’urgence de la situation, cette expérience a été humainement très riche. « Voir cette solidarité, cette fraternité et cette reconnaissance des gens vis-à-vis du corps médical et soignant… Nous ne sommes pas habitués à cela. Nous considérons que soigner est notre devoir. J’ai été émue à en pleurer… », confie Catherine.

Sa mission aujourd’hui terminée, Catherine Barbié de Préaudeau et ses coéquipiers vont pouvoir retourner à la clinique Jouvenet, qui s’apprête à rouvrir ses portes avec de nouvelles procédures, très strictes. « Nous tirons toujours quelque chose de positif d’une épreuve difficile… Une richesse intérieure, qui nous permettra de voir le quotidien différemment et d’éviter de nous plaindre pour de petits riens », conclut la cadre soignante, avec un sourire.


[1] L’Amplification en chaîne par polymérase (PCR en anglais) est une méthode de biologie moléculaire qui permet ici de détecter la présence du Covid-19 chez les personnes testées.

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