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Covid-19 et santé mentale : quelle prise en charge ?

En pleine crise sanitaire, hôpitaux et cliniques accueillent sans relâche les patients touchés par le coronavirus. Mais quelle est la situation dans les structures spécialisées en santé mentale ? Explications avec le Dr Alexandre El Omeiri, psychiatre et médecin coordinateur à la Clinique des Quatre Saisons (Marseille, Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Cette clinique réhabilite des patients atteints de troubles mentaux (dépression, bipolarité, troubles schizophrènes etc.). Ici, l’accueil et la prise en charge sont toujours assurés grâce à une organisation adaptée.

Assurer la nécessaire continuité des soins 

« Nos patients sont ici de leur plein gré. Ils sont, pour la plupart, socialement désinsérés. En temps normal, nous les aidons à retrouver du travail, un appartement ou à surmonter une étape difficile de leur vie. Il était indispensable que nous puissions maintenir cet accompagnement pendant toute la durée de la pandémie », explique le Dr El Omeiri, qui souligne que la clinique a reçu des demandes d’hospitalisation spontanées à l’annonce du confinement.

Pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle et à la détection de six cas de coronavirus parmi ses patients, la clinique a dû repenser son organisation. Dorénavant, les nouveaux patients séjournent pendant 14 jours dans une zone dite « tampon » pour ne pas risquer de contaminer les autres résidents. Ceux présents depuis plus de 14 jours circulent librement dans l’établissement et les espaces extérieurs. En revanche, les permissions ont été suspendues. « L’esprit d’équipe au sein du personnel a été déterminant pour aborder la situation aussi sereinement que possible. Tout le monde s’est mis sur le pied de guerre pour accompagner au mieux les patients ».

Combattre l’isolement

Pour les personnes atteintes de troubles mentaux qui seraient confinées chez elles, le Dr El Omeiri insiste sur la nécessité de solliciter un accompagnement médical en cas de besoin. Il rappelle aussi l’importance de ne pas rester seul, même si « la solitude fait malheureusement déjà partie du quotidien de la plupart de ces patients ».

Pour les personnes atteintes de troubles psychiques avérés et qui ont déjà identifié des structures de soin, le médecin indique que la majorité de ces établissements continuent de fonctionner. Quant aux personnes qui n’ont jamais été diagnostiquées, « des troubles psychiques peuvent apparaître pendant cette période particulière. Lorsqu’on sent que cela arrive, il faut agir. Des structures d’urgence existent et des lignes d’écoute téléphonique ont été mises en placeD’ailleurs, nous maintenons le suivi en téléconsultation pour nos patients en hôpital de jour. Nous avons aussi procédé à une réouverture partielle et adaptée de la structure pour les aider à surmonter ce moment difficile. ».

Il est donc primordial d’être entouré. « Pour ces patients fragiles, il faut pouvoir compenser l’absence de lien familial et affectif en période de confinement, mais pas seulement. C’est le rôle du corps soignant, qui est capable de tisser des liens privilégiés avec certains patients. Quelle que soit la situation, il est important de se sentir à l’abri et épaulé ».

 

 

 

 

 

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