fbpx
Chargement

Tapez votre recherche

Côté psy Parlons prévention

Détecter et prendre en charge la phobie scolaire

Après plusieurs mois de confinement, les élèves doivent désormais reprendre le chemin de l’école et retrouver enfin leurs camarades. Si cet instant est très attendu par certains, d’autres, le ventre noué, ne sont pas aussi enthousiastes à l’idée de retourner en classe.

Premiers ravis à l’annonce du confinement, les enfants et adolescents souffrant de phobie scolaire ont pu bénéficier de quelques semaines de répit à domicile. Comme toute bonne chose qui a une fin, la rentrée des classes a ravivé des anxiétés jusqu’alors endormies. Le professeur Marcel Rufo est pédopsychiatre. Il rencontre régulièrement des enfants atteints de refus scolaire anxieux. Bien loin du caprice, cette peur de l’école peut, à terme, mener à l’échec scolaire. Explications.

Une phobie, différentes causes possibles 

« Lorsqu’un enfant a peur du noir, l’enferme-t-on dans une pièce obscure ? Et bien la phobie scolaire, c’est aussi une forme de peur », introduit le Pr Rufo pour présenter cette pathologie. Si la phobie scolaire n’est pas toujours bien considérée, elle reste cependant un véritable carcan psychologique pour l’enfant. « Il est important d’aider et de sensibiliser parents et enseignants autour de la notion de peur réelle. Il ne s’agit pas d’un caprice ou d’une attitude de défi mais d’une souffrance, explique le spécialiste. Malheureusement, beaucoup de parents rentrent alors dans un conflit avec leur enfant ou adolescent. »

La phobie scolaire peut être détectée à travers des pré-signes d’alerte comme des malaises somatiques, un absentéisme fréquent, des maux de tête ou encore un mal de ventre régulier. « Une fois le diagnostic de phobie scolaire établi, il s’agira d’en trouver les causes. Cela peut aller du mal-être physique au harcèlement. »

La téléconsultation pour une prise en charge rapide

Plus la phobie scolaire est détectée tôt et plus les chances de l’enrayer seront importantes. Ainsi, le Pr Rufo, épaulé par un réseau de spécialistes en pédopsychiatrie, souhaite développer un service de téléconsultation en établissement. « En accord avec les professeurs, CPE, infirmières scolaires et sous réserve d’une approbation de l’ARS, nous voulons proposer la téléconsultation qui mettrait rapidement en relation des enfants en difficulté avec des spécialistes, explique le professeur. Pour compléter le dispositif, nous avons un projet d’équipe mobile afin d’aller à la rencontre des jeunes patients. »

Cette rapidité de prise en charge pourra également permettre d’éviter ou de limiter la déscolarisation en présentiel de l’enfant. « Je ne suis pas pessimiste au sujet du refus scolaire anxieux. Il m’est arrivé de suivre des enfants atteints de phobie scolaire de la 6e à la terminale et ayant poursuivi leurs études grâce au Cned. Aujourd’hui ils sont en études supérieures à la faculté et n’éprouvent plus aucune crainte. Il faut tenir bon et, surtout, ne jamais interrompre l’enseignement de l’enfant ! C’est primordial », conclut le spécialiste. La communication parents-enfants, bien que parfois compliquée durant l’adolescence, reste le meilleur outil de prévention et de compréhension des refus scolaires anxieux.

Étiquettes :

Vous aimerez aussi