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Le suicide chez les ados : un risque à ne pas prendre à la légère

L’adolescence est souvent vécue comme une période difficile. Perte de confiance en soi, besoin d’affirmation, incertitudes quant à l’avenir, anxiété… sont le lot quotidien de nombreux jeunes. Dans certains cas, cela peut mener à des pensées suicidaires voire à un passage à l’acte, le suicide étant la 2ecause de mortalité chez les adolescents. Comment éviter ces drames ?

Le Dr François Jacquemin est pédopsychiatre à la Clinique Château du Tremblay (Le Tremblay, Bourgogne-France-Comté). Pour MedZine, il revient sur les spécificités de l’adolescence et donne des clés pour préserver la santé des jeunes, mais aussi des conseils à l’entourage en cas de conduite suicidaire.

L’adolescence : une période à part

On estime que l’adolescence commence au début de la puberté et se termine à 18 ans, une étape qui occasionne de nombreux bouleversements. « Cette période entraîne une réévaluation de tout ce qu’on a appris jusqu’alors, remettant en perspective les certitudes acquises dans l’enfance, explique le Dr Jacquemin. Cela amène de profonds changements neurologiques. C’est une expérience strictement individuelle, qui initie l’adolescent au monde des adultes, ce qui explique que le jeune ait besoin de s’opposer pour affirmer son propre jugement. »

Un chemin semé d’embûches

« À l’adolescence, on peut perdre confiance en ceux qui nous servaient de référence. On est plus perméable à certains évènements : fragilisation du noyau familial, déceptions sentimentales… », précise le pédopsychiatre. Cette ultra sensibilité peut mener à un état dépressif, qui peut entraîner des pensées suicidaires. Mais la dépression n’est pas la seule cause de suicide chez les jeunes : « le contrecoup de traumatismes précoces, certaines pathologies psychiatriques ou encore la consommation de drogues peuvent altérer le jugement et contribuer à nourrir ces pensées suicidaires. »

Échec scolaire, tensions familiales, perte de l’appétit, repli sur soi, isolement, ruptures amicales, troubles du sommeil sont des signes révélateurs d’un mal-être profond qu’il ne faut pas ignorer. « Ces attitudes peuvent témoigner d’une grande détresse qui peut donner au jeune l’impression que la mort pourrait être la solution pour pallier la douleur ressentie. »

Comment réagir ?

Face au mal-être adolescent, à la dépression et aux pensées suicidaires, le dialogue avec l’entourage est primordial. « Dans cette situation, il n’est pas rare que les parents perdent confiance en leur capacité à accompagner leur enfant et à communiquer avec lui. Comme l’adolescent est en train de devenir adulte, on ne peut plus lui parler comme à un enfant et se positionner comme celui qui sait et dispense son savoir. » Sans braquer, il faut réussir à maintenir le lien, se montrer à l’écoute, disposé à discuter avec honnêteté lorsque l’adolescent en ressent le besoin, sans rien imposer : « Il faut accepter que le jeune n’ait plus envie de tout raconter. Pour autant, il est important de lui montrer que le dialogue est ouvert, que sa voix compte et que même en cas de désaccord, on l’aime, on l’estime et on le respecte. »

Si la communication est trop difficile, inciter l’adolescent à parler à une personne de confiance(professionnel de santé, professeur, membre de la famille ou ami) permet de conserver un lien avec l’extérieur. Car on ne peut pas forcer un jeune à consulter… Mais l’inciter à s’ouvrir à d’autres que soi est déjà un premier pas. « La pire des choses à faire serait de ne pas réagir. La priorité absolue, c’est que le jeune ne se mure pas dans le silence, qu’il conserve des activités et des relations qui ont du sens pour lui. »

Dans le cas où l’adolescent passerait malheureusement à l’acte, le pédopsychiatre est formel, les risques de récidive étant élevés : « il faut hospitaliser le jeune immédiatement : pour mettre à distance le terrain où se manifestent les difficultés, soulager la souffrance et poser les bases d’une prise en charge pour la suite. Il est essentiel de prendre cet acte au sérieux et de montrer que l’on souhaite agir pour changer la donne. »


À retenir :
  • Le suicide est la 2e cause de décès chez les adolescents. En effet, près de 7,8 % des 15 000 ados de 13 à 18 ans interrogés en 2013 par l‘Inserm indiquaient avoir déjà tenté de se suicider.
  • Identifier les signes avant-coureurs : perte d’appétit, isolement social, communication rompue, troubles du sommeil, échec scolaire, etc.
  • Face à un jeune aux pensées suicidaires, la communication doit être maintenue coûte que coûte entre l’adolescent et son entourage.
  • Hospitaliser impérativement un jeune après une tentative de suicide.
  • En cas d’urgence, rapprochez-vous des services d’urgence les plus proches, contactez le 15 (SAMU), le 112 (numéro européen) ou SOS Médecins.
  • Si vous connaissez une personne suicidaire ou êtes vous-même sujet à des pensées suicidaires, des services anonymes sont à votre écoute :
  • SOS Amitié: Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7 au 01 42 96 26 26. Permanence d’écoute par tchat tous les soirs de 19 h à 23 h.
  • Fil Santé jeunes:  Écoute, information et orientation des jeunes en santé physique, psychologique et sociale. Ligne d’écoute téléphonique anonyme et gratuite 7j/7, de 8 h à minuit.
    au 32 24 ou 01 44 93 30 74 depuis un portable.
  • Phare Enfants–Parents:  Espace d’accueil et d’écoute (gratuit) pour les parents et les enfants en souffrance ; soutien aux parents endeuillés par un suicide. Ligne d’écoute : 01 43 46 00 62 (du lundi au vendredi de 10 h à 17 h). Service d’écoute par messagerie à l’adresse : cavaoupas@phare.org
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