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Enjeux de santé

Alimentation et dialyse : les bons réflexes à adopter

En cas d’insuffisance rénale terminale, les reins n’assurent plus leur fonction de filtrage des déchets présents dans le sang. Le patient doit alors suivre une dialyse qui se chargera artificiellement des fonctions d’épuration du sang. Parallèlement, une attention toute particulière devra être portée à l’alimentation pour limiter l’accumulation de ces déchets, notamment en ce qui concerne la rétention d’eau, le potassium et le phosphore, tout en se prémunissant de la dénutrition.

Carole Le Guen est diététicienne nutritionniste et suit régulièrement des patients dialysés, notamment à la Clinique du Mousseau. Elle propose des idées de menus pour accompagner les patients dans l’élaboration de leurs repas, avec un minimum de contraintes !

L’hydratation

Lorsque les reins ne fonctionnent plus, les urines, en général, se réduisent progressivement et parfois s’arrêtent complètement (anurie). Un apport excessif de boissons va donc entrainer une prise de poids importante, des malaises lors de la dialyse, avec chute de tension, et dans les cas extrêmes, de l’eau dans les poumons (OAP). Il est donc nécessaire d’adapter son volume de boisson en fonction de son volume uriné. En pratique on ajoute 500 ml de boisson au volume uriné soit si un patient urine 500 ml il peut boire jusqu’à 1 litre par jour.

Les risques de dénutrition

La dénutrition commence bien avant la prise en charge en dialyse. Au cours de l’insuffisance rénale chronique, l’augmentation de l’urée sanguine entraîne une anorexie alimentaire et particulièrement vis-à-vis de la viande. Les consommations énergétiques et protidiques diminuent en dessous des besoins recommandés. Pendant une séance de dialyse, il y a une perte de protéines, d’énergie, de vitamines et d’oligoéléments.

L’acidose métabolique[1] induit une dégradation des protéines et du muscle. Cela peut parfois engendrer des risques de dénutrition. « Certains en perdent complètement l’appétit, explique la spécialiste. En début de dialyse, l’un des objectifs sera alors d’encourager le patient à se nourrir de nouveau et à réintégrer les protéines dans ses repas. Après un bilan nutritionnel et sanguin, les besoins caloriques sont établis et les menus sont proposés. »

Gare au phosphore et au potassium

Autres ennemis à endiguer : les taux trop élevés de phosphore et de potassium. « Le phosphore sert à fabriquer de l’os, c’est un minéral. S’il circule trop dans l’organisme et n’est pas suffisamment filtré par les reins, il peut durcir les veines et compliquer la dialyse par fistule artério-veineuse. Le potassium quant à lui peut engendrer des problèmes au niveau cardiaque. Il faudra donc bien surveiller leurs taux dans le sang », précise Carole Le Guen.

Pour rétablir une alimentation équilibrée, la diététicienne nutritionniste propose à ses patients de manger de tout, mais « un peu de tout ». Ainsi, aucun aliment n’est supprimé et la modération devient le maître-mot. « L’idée est de conserver une alimentation la plus élargie possible et donc une certaine qualité de vie avec peu de frustrations. En revanche, je déconseille fortement les produits industriels, très riches en phosphates. » En parallèle, des bilans sanguins sont régulièrement effectués afin d’ajuster, si nécessaire, le programme alimentaire établi.

7 menus proposés par Carole Le Guen, diététicienne nutritionniste

Il est indispensable d’adapter son alimentation pour limiter l’accumulation des toxines non filtrées par les reins. Celle-ci doit être variée et équilibrée, répartie sur trois repas. Retrouvez les propositions de menus élaborées par Carole Le Guen.

[1]Trouble de l’équilibre acido-basique traduit par une baisse du pH dans le sang. Le rôle des reins est important dans la régulation du pH.

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