fbpx
Chargement

Tapez votre recherche

Côté psy Non classé Parlons prévention

Fin de vie et deuil : comment se dire au revoir en temps de pandémie ?

Premières sur la liste des profils « à risque » face au coronavirus : les personnes âgées. Elles succombent plus fréquemment des suites de la maladie. Une situation compliquée pour les établissements d’hébergement collectif pour seniors, dont les familles, souvent interdites de visite, ne peuvent pas toujours dire au revoir. Alors comment faire le travail de deuil en période de Covid-19 ?

L’Hôpital privé d’Antony (Hauts-de-Seine, Île-de-France) bénéficie d’une unité d’aval-limitations de soins (LATA) Covid-19 avec une équipe multidisciplinaire. Les familles peuvent visiter leurs proches mais de manière très limitée. Pandémie oblige, les précautions sont renforcées et empêchent les retrouvailles au chevet des aînés, parfois pour la dernière fois. Les patients âgés qui intègrent cette unité sont sélectionnés selon des critères de gravité. Ces derniers ne permettant pas une réanimation invasive délétère à court terme. Une liste de médecins d’astreinte a été mise en place pour cette unité LATA avec le concours de praticiens tels que des gastro-entérologues, oncologues et certains chirurgiens, investis loin de leur terrain d’exercice habituel. Des médecins de la cellule CLUD SP (Comité de Lutte contre la Douleur Soins Palliatifs) ont élaboré les protocoles de traitements spécifiques à la maladie Covid-19, en collaboration avec le Dr Pierre Lanot anesthésiste et le Dr Lamia Fournis médecin de Soins Palliatifs. Cela, afin de permettre d’apporter les meilleurs soins, de suivre ces patients au quotidien et d’accompagner les familles dans la difficile épreuve du deuil, encore plus délicate en cette période de confinement.

Transparence et ménagement 

« Pour certains patients, la situation est grave, surtout lorsqu’ils sont âgés. Nous mettons donc tout en œuvre pour soulager la douleur », explique le Dr Fournis. Bien que la situation soit parfois compliquée pour le personnel soignant, sens du devoir éthique et bienveillance sont les maîtres mots chaque jour. L’objectif est de rester transparent et humain. « Lorsqu’une personne contaminée par le Covid-19 voit son diagnostic vital sombre, nous informons sa famille. Cela est devenu difficile en raison des distances de sécurité que le confinement impose et des mesures de précaution renforcées. Il arrive ainsi parfois que ces personnes n’aient d’autre choix que de dire au revoir à leurs proches pour certains, à distance soit par téléphone soit par appel visio lorsqu’ils sont encore conscients et visibles de leurs proches… », explique le Dr Lamia Fournis. La création rapide d’une cellule d’appel téléphonique a rendu cela possible et permet de donner des informations lors d’appels extérieurs et de faire le lien avec les familles ou proches en les rappelant. Ces appels sont réalisés et tracés grâce au recueil des coordonnées de la personne de confiance ou à prévenir dès l’admission à l’Hôpital.

Face à ces conditions inédites, la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs épaule les équipes soignantes pour les aider à répondre au mieux aux patients et familles. « Nous avons reçu des fiches pratiques clés qui nous permettent de donner des réponses pouvant apporter du réconfort et des éléments de compréhension dans un contexte qui peut parfois nous dépasser », raconte la praticienne. Parallèlement, une « cellule éthique Covid-19 » est en cours de mise en place au sein de l’hôpital. Elle permettra notamment de discuter, au cas par cas, avec les différents soignants de nos patients en fin de vie.

Redonner de l’humanité    

« Face à cette épidémie terriblement contagieuse, il faut pouvoir rester humain. Replacer cette dimension au cœur des préoccupations avec de l’entraide et de l’empathie », insiste le Dr Lamia Fournis. Au sein de l’hôpital, une cellule d’appel apporte des nouvelles aux familles et les rassure au sujet de leurs proches. Ce dispositif est devenu indispensable pour maintenir le lien. La visio-conférence lorsqu’elle est possible sinon l’appel téléphonique « Nous mettons l’accent sur cette communication. Elle est indispensable pour aider les malades à se battre, garder le moral et se sentir entouré. Même de loin ». Alors chaque jour, de nombreux patients ont la possibilité de voir ou entendre  leurs familles grâce à ces outils. Mais pas seulement ! « Nous autorisons encore quelques visites à l’hôpital d’Antony. Surtout lorsque nous jugeons que la situation devient préoccupante et que le patient est en fin de vie. Il s’agit alors pour les proches de pouvoir faire leurs adieux ».

Par ailleurs, il a également fallu expliquer aux familles l’absence de rituels lors de la mise en bière immédiate et les soignants ont dû s’adapter. Un moment difficile pour les proches, car trop rapide ne laissant que peu de place au recueillement. Les autorités ont pris cette décision car « dans certaines régions, il y a beaucoup de décès. Alors les pompes funèbres n’ont plus le temps ni le droit pour des raisons de sécurité de présenter le corps aux familles. Il est très difficile de ne plus pouvoir dire au revoir, de voir les rituels bousculés. Mais il ne faut pas pour autant se sentir coupable, surtout en cette période de pandémie inédite. »

Afin de réconforter à minima les familles, le gouvernement a annoncé la possibilité de réaliser des cérémonies d’enterrement, en fonction des rites et coutumes, une fois le confinement passé…

Étiquettes :

Vous aimerez aussi

À suivre